AS Saint-Etienne : retour à la case départ pour Claude Puel ?

« Un derby, il faut toujours le gagner. La pression est effectivement sur Saint-Etienne qui a changé d’entraîneur et qui jouera à domicile pour tenter de battre l’Olympique Lyonnais. À eux de jouer et nous, on va se défendre. (…) J’espère qu’ils ne l’ont pas fait (le changement d’entraîneur, ndlr) pour nous battre parce qu’ils vont être déçus (sourire). » Le 4 octobre dernier soit à 48h du derby entre l’AS Saint-Etienne et l’Olympique Lyonnais, au micro de Canal +. Le président du club rhodanien critiquait le choix du club rival d’avoir misé sur Claude Puel en remplacement de Ghislain Printant. Une déclaration osée qui a été suivie d’un retour du bâton puisque Lyon s’est incliné 1-0 en fin de rencontre sur un but de Robert Beric. Une défaite qui a provoqué le départ du coach de l’OL Sylvinho et a lancé de la plus belle des manières le passage de Claude Puel sur le banc stéphanois.

Avant-derniers après huit journées de championnat, les Verts avaient besoin d’un électrochoc. La victoire miraculeuse de la semaine précédente contre Nîmes (1-0) n’ayant pas poussé les dirigeants à conserver Ghislain Printant, Claude Puel a donc été parachuté en marge du derby. Une rencontre pour laquelle l’ancien coach de Leicester a fait des choix forts en utilisant un 3-5-2 et en sortant de son chapeau le jeune espoir Charles Abi. Lyon va déjouer contre une équipe stéphanoise solide à défaut d’être séduisante. Incapable de porter le danger, l’OL craquera sur un coup de boutoir de Robert Beric. Score final 1-0. Précieux puisqu’il permettait à Saint-Étienne de sortir de la zone rouge et de doubler son adversaire du soir, ce succès permettra de ressouder l’équipe. Bien que limités, les hommes de Claude Puel enchaîneront par des résultats positifs avec trois succès (Bordeaux, Monaco et Nantes) pour seulement deux matches nuls (Amiens et Montpellier) lors des cinq rencontres suivantes. Suffisant pour remonter jusqu’à la quatrième place. Un rang bien plus conforme aux ambitions du club du Forez.

Une dynamique qui n’a pas duré

Toujours aussi limitée collectivement, cette équipe stéphanoise se distinguait par un réalisme incroyable avec la recrue Denis Bouanga comme détonateur. Joueur le plus régulier de l’équipe cette saison, le Gabonais a déjà inscrit neuf buts en Ligue 1 pour trois passes décisives. Un apport très précieux mais qui ne suffit pas à compenser la méforme de certains cadres. Rayonnant depuis un an et demi, Yann M’Vila n’arrive pas à retrouver son meilleur niveau depuis le début de l’exercice. Meilleur joueur du club l’an dernier avec notamment 13 buts inscrits, Whabi Khazri est bien loin de ses standards avec 3 réalisations. Arrivés pour être des cadres de l’équipe, Ryad Boudebouz et Yohan Cabaye alternent entre le chaud et le froid. Tandis que le capitaine Loïc Perrin est en perte de vitesse. Des individualités défaillantes mais qui ne sont pas cachées par un plan collectif bien établi. Depuis la prise de fonction de Claude Puel, 30 joueurs ont été essayés et le onze n’est jamais vraiment défini. Après l’embélie d’octobre et novembre, le club a connu des difficultés dès le premier grain de sable dans la machine.

Battue par le Stade Rennais le 1er décembre (2-1), l’AS Saint-Etienne n’a connu que deux victoires depuis en Ligue 1. Soit contre Nice (4-1) et Nîmes (2-1). Certes le parcours en Coupe de France est satisfaisant avec une qualification en demi-finale contre le Stade Rennais mais les dernières semaines de Ligue 1 ont fait reculer le club au quinzième rang. Incapable de gagner en championnat depuis un mois, Saint-Etienne peut avoir des absences défensivement et manque d’efficacité et de réalisme dans le dernier tiers adverse. La réussite des débuts n’ayant pas duré, les limites de l’effectif se font désormais ressentir. Si quelques individualités comme Denis Bouanga ou William Saliba sortent la tête de l’eau, il faudra absolument retrouver un élan. Avec seulement deux points d’avance sur le barragiste, le Nîmes Olympique, l’AS Saint-Etienne pourrait participer contre son grès à la course au maintien. Le climat est d’ailleurs loin d’être serein avec l’épisode entre Claude Puel et Stéphane Ruffier qui a conduit à la mise à l’écart du portier ex-international français.

Ce match contre l’Olympique Lyonnais () a tout d’un tournant dans l’aventure de Claude Puel à l’AS Saint-Etienne. En grande difficulté sportive, le club est revenu dans une situation proche de celle qui avait occasionné l’arrivée du technicien de 58 ans. Le climat dans le club et la grande difficulté à trouver un système viable et des hommes capables d’être réguliers ne facilitent pas les choses. Pour autant un nouveau succès lors du derby pourrait avoir le même effet comme l’a suggéré Claude Puel en conférence de presse : « on est conscient de la situation mais là c’est un match particulier. Ce n’est pas un match de championnat classique. On oublie un petit peu où en est… C’est un rendez-vous important pour les deux équipes. On veut réenclencher la marche avant. On est restés sur une frustration. L’essentiel, dans ce genre de circonstances, c’est d’être armé pour se sortir de toutes les situations. L’important, c’est d’être là sur le match. » Si le bilan comptable de Claude Puel à Saint-Etienne n’est pas catastrophique (1,39 point par match) avec des résultats légèrement supérieurs à ses expériences anglaises (1,33 point par match à Leicester, 1,38 point par match à Southampton), Claude Puel serait bien inspiré d’inverser la dynamique. Quoi de mieux que le derby pour inspirer un vent nouveau ? Claude Puel le sait si bien.