Beaumelle, un problème de système

Nommé depuis mars dernier, Patrice Beaumelle s’est enfin montré sur le terrain. Deux matches tests face à la Belgique et au Japon qui ont donné des indications sur les ambitions tactiques du technicien français.

Un nul (1-1) et une défaite sur le fil (1-0). Deux buts encaissés et un inscrit. Le tableau-bilan de Beaumelle connait ses premières lignes. Pourtant, devant les Belges et les Japonais, l’essentiel demeurait la revue des troupes, leur assemblage pour asseoir une équipe compétitive en vue de la reprise des éliminatoires de la CAN 2022. Le réel défi. Mais avant, la disposition des hommes a montré le chemin tactique que Patrice Beaumelle entend se tracer pour atteindre ses objectifs.

Face à la Belgique, si le 3-4-3 à plat fut le choix du technicien français pour, dit-il, s’adapter à celui de Roberto Martinez, il s’y est collé à l’épreuve du 4-2-3-1 de Moriyasu Hajime, le sélectionneur nippon. Ainsi, la formation de base de Patrice Beaumelle s’est avérée la même avec quelques variations, surtout face aux Samouraïs Bleus. Un système qui implique des efforts des latéraux (Aurier, Cornet) mais également de la créativité et de la spontanéité des milieux défensifs (Kessié-Maïga face au Japon et Kessié-Serey face à la Belgique). Une gageure. En l’absence de créatifs dans l’antre-jeu, les ailiers ont trimé quand eux-mêmes, ont fait vadrouiller les attaquants, à l’image de Max Gradel face à la Belgique et Juma Saeed à l’épreuve du Japon. Système inadapté ou personnel inapproprié ?

A la lumière du constat qui saute à l’œil, il est clair que Beaumelle, en une semaine de préparation et 180 minutes de jeu, est loin d’avoir engrammé sa vision chez des Eléphants, qui n’étaient pas à leur aise. La prochaine interrogation est de savoir si l’ex-adjoint d’Hervé Renard reconduira ce système en novembre prochain, lors de la reprise des éliminatoires de la CAN 2022, ou s’il reviendra aux 4-3-3 ou 4-4-2 comme il a tenté de le faire lors de la deuxième période du duel avec le Japon, pour faire face à Madagascar.

Patrick GUITEY