Espagne : ça devient intenable à Malaga !

Qu’elle semble loin cette année où les Boquerones s’étaient offert un parcours historique en Ligue des Champions, avec de joueurs comme Julio Baptista, Nacho Monreal, Jérémy Toulalan et un tout jeune Isco qui commençait à émerveiller son monde. La saison précédente, le club comptait des joueurs du calibre de Ruud van Nistelrooy et Santi Cazorla dans ses rangs. La belle histoire des Andalous n’aura cependant pas duré bien longtemps, alors que le cheikh Abdullah Bin Nasser Al Thani a peu à peu commencé à se désintéresser du club. À vrai dire, il avait même fait chuter le club dans sa liste de priorités avant cette belle épopée européenne. Arrivé avec de belles ambitions pour le club du sud de l’Espagne, il a vite été refroidi lorsque son projet de port à Marbella est tombé à l’eau en 2011. Effectivement, si Al Thani avait déboulé à Malaga, c’était aussi, et surtout même, pour investir dans une région avec un potentiel touristique énorme…

Les années qui ont suivi ont donc été douloureuses. S’il y a eu quelques lueurs d’espoirs, notamment avec Javi Gracia où l’équipe ne termine qu’à quelques points de l’Europe en 2015/2016, ce qui devait arriver arriva… Bon derniers, les Andalous faisaient leurs adieux à la Liga en mai 2018… Depuis, ils n’ont plus réussi à remonter en Liga, malgré des playoffs de montée disputés en juin dernier, parvenant à assurer leur survie économique de façon miraculeuse grâce à la vente de quelques bons joueurs. On parle effectivement – et heureusement – d’un centre de formation plutôt performant, et le club brille aussi dans la post-formation. La vente de Javi Ontiveros pour 7,5 millions d’euros à Villarreal cette semaine va a priori permettre au club de respirer un grand coup d’un point de vue financier. Il faut dire qu’il en avait bien besoin, même s’il est encore loin d’être au bout de ses peines.

Le club ne peut pas enregistrer ses recrues

L’été a une fois encore été particulièrement dur. Notamment parce que c’est le cheikh Al Thani qui doit valider tous les mouvements de joueurs dans l’effectif. Et comme ce dernier ne semble pas forcément avoir la tête à son club tout le temps… Les départs de Rosales à Leganés et d’Ontiveros à Villarreal ont ainsi traîné sur plusieurs semaines, alors qu’on parle là d’opérations plutôt simples qui auraient permis à Malaga de pouvoir réinvestir rapidement sur le mercato. Les arrivées traînent, et seuls deux joueurs sont arrivés : l’ancien de Leicester Shinji Okazaki et le milieu de terrain espagnol José Rodriguez, il y a quelques jours seulement. « J’ai perdu tout ce que j’ai investi à Malaga : plus de 150 millions, presque 200. Tout ça à cause d’une mauvaise gestion, de contrats exagérés », confiait-il récemment, admettant ainsi certaines erreurs de sa part mais se défendant de ceux qui lui reprochent un manque d’investissement – financier et personnel – dans le club. La situation est pourtant intenable.

« Malaga sait que pour respecter ses engagements vis à vis de ses joueurs, du fisc et de la sécurité social, le club doit vendre des joueurs. Sinon, il y aura des problèmes importants », prévenait Javier Tebas, le président de la Liga, en juillet. Et il avait raison. Face au Racing Santander pour la première journée de championnat, le club n’a pu enregistrer que neuf joueurs professionnels, dont deux se sont blessés ! Victor Sanchez del Amo, l’entraîneur, a dû compléter son équipe avec des jeunes de l’équipe B ! La faute au contrôle financier de la Liga, qui ne permet pas au club d’inscrire de nouvelles licences jusqu’à ce que sa masse salariale soit considérablement revue à la baisse. Shinji Okazaki a ainsi dû assister à la rencontre depuis les tribunes.

Le club doit encore vendre

Ce qui n’avait d’ailleurs pas empêché la victoire des Boquerones, mais cette situation n’est clairement pas tenable sur la durée. « Il y a beaucoup de doutes parce que les choses ne sont pas claires. On a besoin que des opérations soient faites pour pouvoir boucler l’effectif, actuellement on en est à la moitié. Le club doit se bouger », expliquait l’entraîneur après la rencontre en question. Pour enfin voir la lumière au bout du tunnel, le club avait besoin de 20 millions d’euros, auxquels on peut déjà décompter les 7,5 millions de la vente d’Ontiveros. Un montant qui permettrait au club de se mettre dans le vert, pour la saison du moins, et de pouvoir renforcer un minimum l’effectif d’une équipe qui, théoriquement du moins, doit être candidate à la montée. Le problème, c’est que le club a encore de gros salaires dans son effectif, qui avaient été signés lorsque les Andalous étaient encore en Liga, et avaient donc des entrées d’argent bien plus conséquentes.

Les dégâts avaient pu être atténués l’an dernier, puisque les clubs relégués de D1 à D2 bénéficient d’une aide financière de la part de l’institution qui régit le championnat espagnol, pour que la transition ne soit pas trop brutale. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cet été, le manque de preneurs pour les joueurs et la passivité d’Al Thani ont considérablement ralenti le dégraissage… Avec un contrôle économique de la Liga très strict, les dirigeants tentent de se séparer des joueurs coûteux de façon désespérée. Comme l’explique le , le club veut par exemple se séparer de son gardien turc Cenk Gönen – qui n’a même pas joué un seul match avec l’équipe – en lui proposant de toucher toute sa dernière année de contrat d’un coup, aux conditions du salaire minimum de la division (77.500€). Et pour recruter ensuite, cela s’annonce compliqué. Des sources nous ont confié qu’actuellement, le club était incapable de proposer des salaires dépassant les 100.000€ annuels à ses potentielles nouvelles recrues ! La fin du mercato va être animée sur la Costa del Sol…

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Source : Foot Mercato