Everton : la métamorphose de Dominic Calvert-Lewin

L’été dernier, Everton cassait sa tirelire (28 millions d’euros) pour accueillir la pépite du football italien Moïse Kean. L’arrivée de l’ancien attaquant de la Juventus ne faisait pas forcément les affaires de Dominic Calvert-Lewin (23 ans). Choix privilégié de Marco Silva, l’attaquant anglais allait devoir gérer la concurrence féroce du prodige transalpin. Mais le natif de Sheffield ne craint pas l’adversité. La résilience reste l’un de ses nombreux atouts. Formé à Sheffield United, le principal protagoniste enchaîne les prêts entre 2014 et 2016 malgré son jeune âge. Stalybridge Celtic FC puis Northampton.

Deux clubs dans lesquels Calvert-Lewin devra surmonter les écueils pour s’imposer. Ces expériences vont lui forger un mental d’acier et le rapprocher du haut niveau. Le 31 août 2016, Dominic Calvert-Lewin débarque à Everton pour renforcer les U23. Trois mois plus tard, Ronald Koeman alors manager de l’équipe fanion le lance en Premier League. L’intéressé effectuera onze apparitions sous le maillot des Toffees et inscrira son premier but dans l’élite face à Hull City (4-0). Rapidement, le jeune attaquant recueille tous les suffrages aussi bien en interne que chez les supporters du deuxième club de Liverpool. Sa générosité et son volume de jeu sont appréciés par Koeman et son staff.

Un travailleur de l’ombre qui sait se rendre indispensable

Capable de décrocher, travailler dans les couloirs, solide dans les duels, le jeune homme met beaucoup d’intensité dans ce qu’il entreprend, et le public de Goodison Park s’en délecte. Convaincu par son abnégation et son sens du sacrifice, le manager néerlandais installe Calvert-Lewin dans son onze lors de la saison 2017-2018. L’éviction en octobre 2017 de l’ancien international des Pays-Bas ne freinera pas l’ascension de l’intéressé. Débarqué pour jouer les pompiers de service, Sam Allardyce s’appuiera sur l’international anglais U21. Le numéro neuf d’Everton disputera 32 matchs, inscrira quatre buts et distillera sept passes décisives en Premier League.

Devenu indiscutable, son statut n’évoluera pas d’un iota avec l’intronisation de Marco Silva en mai 2018. Malgré des lacunes récurrentes dos au but et dans le dernier geste, sa complémentarité avec Richarlison notamment saute aux yeux. Très bon dans le jeu aérien et les déviations, Dominic Calvert-Lewin sait faire briller ses partenaires. L’intéressé incarne l’archétype du footballeur au service du collectif. Conscient que ce profil ne court pas les rues, Silva adresse une confiance aveugle à son attaquant. En 2018/2019, l’ancien joueur de Sheffield United dispute 35 matchs en Premier League et trouve à six reprises le chemin des filets. Le 5 décembre dernier, le directeur du football d’Everton Marcel Brands, décide d’évincer Marco Silva après un début de saison catastrophique.

Carlo Ancelotti voit grand pour Calvert-Lewin

Seize jours plus tard, Carlo Ancelotti débarque sur le banc des Toffees, et le manager italien va vite tomber sous le charme du joueur britannique. L’ancien entraîneur du Napoli repère vite la faculté de son attaquant à remonter le bloc équipe, à étirer le jeu, à peser sur les défenses adverses. Le manager transalpin remarque également la qualité de Calvert-Lewin dans ses déplacements. Tactiquement, le buteur des Toffees reste aussi à l’aise dans un 4-2-3-1 que dans un 4-4-2. Un autre argument pour Ancelotti qui souhaite inculquer ses préceptes de jeu à ses nouveaux joueurs autour de ce schéma. L’idylle entre les deux hommes demeure évidente et explose au grand jour. « Dominic possède toutes les qualités pour devenir l’un des meilleurs attaquants en Angleterre et en Europe. Il est rapide, possède une bonne technique, il est très bon dans les airs et travaille très dur pour l’équipe. Il a également une mentalité fantastique et son désir de s’améliorer m’a impressionné depuis que je suis arrivé ici. »

L’excellente relation entre les deux hommes va permettre à Dominic Calvert-Lewin de franchir un palier. Plus que jamais en confiance, le chouchou de Goodison Park enfile les buts comme des perles et se montre extrêmement réaliste dans la zone de vérité. Ce qui constituait un de ses points faibles jadis s’est transformé en point fort. A tel point que les défenses anglaises le craignent et le surveillent désormais comme le lait sur le feu. Celui qui a prolongé son contrat jusqu’en 2025, fut l’un des instigateurs du redressement sportif d’Everton. Avec treize réalisations au compteur, le natif de Sheffield réalise déjà la meilleure saison de sa carrière. Pendant ce temps, Moïse Kean ronge son frein. Érigé au rang de figure de proue du mercato estival des Toffees, l’international italien éprouve les pires difficultés à s’adapter loin de l’Italie. Plus que jamais, Dominic Calvert-Lewin lorgne les Three-Lions. Une première convocation chez les A constituerait une belle consécration pour ce guerrier si indispensable…