Kamara Ibrahim, un timing qui intrigue

Kamara Ibrahim n’est plus le patron de l’encadrement technique des Eléphants. Une rumeur née de la réunion en date du 13 février, une évidence depuis le 21 février 2020. Alors que les yeux sont rivés sur son successeur, le timing du limogeage du technicien ivoirien reste un vaste amas d’incompréhension.

Nommé en juin 2018 pour un contrat de 2 ans, l’ex-entraîneur de l’ES Bingerville vient d’être débarqué. A 4 mois de la fin de son bail sur le banc des Eléphants. Malgré les critiques nées des prestations de la Côte d’Ivoire à la CAN 2019, la chronologie de la décision est des plus surprenantes. En difficulté dans le groupe K des qualifications pour la CAN 2021, la Côte d’Ivoire abordera en mars un virage important de sa campagne, face à Madagascar, leader du groupe. La perte de son sélectionneur à quelques encablures de cette sortie décisive, s’avère déjà comme un coup dur pour un groupe qui semblait adhérer au discours du technicien ivoirien. « Ce qui change avec Kamara Ibrahim c’est que c’est un Ivoirien déjà. En cas de mauvais résultat, il sera le premier malheureux. C’est quelqu’un qui nous connait depuis très longtemps et avec qui nous avons une relation très saine », confiait Max Alain Gradel au sujet du maintenant ex-sélectionneur des Eléphants.

Aussi, ce verdict entre en total contradiction avec les récentes déclarations du premier vice-président de la Fédération Ivoirienne de Football. Invité sur le plateau de la “Télé d’Ici” sur NCI, Sory Diabaté, face aux critiques, était plutôt le défenseur d’un contrat abouti de Kamara Ibrahim. « Nous avons un contrat de 2 ans avec Kamara et le contrat court jusqu’à son terme. Pour le moment nous sommes satisfaits du travail que nous faisons. Nous avons pu avoir notre qualification avant terme pour la CAN 2019 ce qui n’était pas le cas pour les deux dernières CAN. Les gens oublient que la CAN 2015, on l’a gagné en se qualifiant à la dernière journée en jouant contre le Cameroun. Ils oublient aussi qu’en 2017, on a joué la dernière journée contre la Sierra Leone où nous étions à deux doigts d’être battus. Alors qu’avec Kamara on s’est qualifié avant terme. (…) Il ne faut pas qu’on se dise qu’on va tout gagner mais il faut être patient ». Un constat passé aux oubliettes avec une patience qui a fait place à de la célérité.

Une précipitation qui devrait coûter cher à la Fédération Ivoirienne de Football. Car remercié avant le terme de son contrat, Kamara Ibrahima, devrait bénéficier d’une importante indemnisation. Ce dont la maison de verre aurait pu se passer. Surtout que le dossier des indemnités de Marc Wilmots, limogé pratiquement dans les mêmes conditions, n’a pas encore été évacué. Dans tous les cas, Kamara Ibrahim a encore rendez-vous au siège de la FIF, cette fois pour discuter des modalités de paiement de ses droits. Un nouveau casse-tête pour le service financier de la FIF orchestré par Sidy Diallo, qui a pourtant annoncé son désir de ne pas rempiler pour un 3è mandat. L’héritage de son successeur, sûrement.

Patrick GUITEY