Le vestiaire du PSG s’interroge sur certains choix de Thomas Tuchel

« Est-ce que vous venez de vivre les 8 jours les plus fous de votre carrière ? » Dimanche soir, dans l’auditorium du Parc des Princes, après la victoire du PSG face à Bordeaux (4-3), la question a été posée à Thomas Tuchel. Sans qu’elle ne soit totalement farfelue, puisqu’en 8 jours, il avait un match fou et inattendu à Amiens (4-4), la défaite à Dortmund (2-1) et cette drôle de victoire contre Bordeaux, avec le 200e but d’Edinson Cavani et l’expulsion de Neymar. « Les plus fous de ma carrière ? Non je ne pense pas », a-t-il répondu, avec le sourire, tout en reconnaissant, à la fin de son intervention que « ces 8 jours n’étaient pas normaux ».

En vérité, le coach allemand aurait pu dater le début des ennuis au match gagné à domicile contre l’Olympique Lyonnais le 9 février dernier. Ce soir-là, comme il l’a reconnu dimanche soir, le PSG a perdu sa stabilité défensive, et a encaissé 13 buts en 6 rencontres. Il a aussi commis une erreur de communication avec la sortie médiatique de Leonardo, considérée par certains comme une masterclass mais qui a finalement plus relancé qu’éteint le débat autour de la fameuse négativité. Le PSG sortait pourtant d’une séquence sportive impressionnante durant le mois de janvier. Mais la blessure de Neymar contre Montpellier, l’agacement de Mbappé lors de son remplacement, et l’absence de Neymar contre l’OL ont conduit le directeur sportif à une intervention médiatique.

Les joueurs n’ont pas compris le schéma contre Dortmund

Et c’est là que les ennuis ont commencé pour Thomas Tuchel. L’entraîneur allemand a, contrairement à Leonardo, reconnu que le PSG était en partie responsable des doutes l’escortant en raison de ses déboires récurrents en Ligue des Champions ces dernières saisons. Puis il s’est retrouvé tout seul à devoir commenter à chaque conférence de presse le pourquoi de l’absence de Neymar, sans trop en dire puisque lui-même militait pour qu’il joue. Pas vraiment soutenu par sa direction à cet instant-là, Tuchel a aussi perdu des plumes vis-à-vis de ses joueurs. Pour certains, cela date depuis l’élimination face à Manchester United la saison passée. Moins proche de ses ouailles qu’à ses débuts, plus isolé au sein du club, l’entraîneur du PSG a perturbé ses joueurs avec certains choix.

Et celui d’installer son 3-4-3 n’a pas surpris que les observateurs et supporters. Les joueurs aussi n’ont pas compris cette décision. Dès l’annonce, entre 17h et 18h le jour même de la rencontre, certains cadres n’ont pas caché leur étonnement. Thiago Silva a souligné qu’il fallait plutôt un troisième milieu de terrain pour aider Gueye et Verratti, rejoint par Neymar dans son raisonnement. Cela a aussi décontenancé Mauro Icardi, qui n’a pas caché sa colère, comme nous vous l’avions révélé. Le match a confirmé les craintes et Paris a été dépassé dans l’entrejeu, entre autres. Après la rencontre, les joueurs n’étaient toujours pas convaincus, et leurs sensations n’avaient pas été bonnes. Ils n’ont pas compris le changement de plan de leur entraîneur. Évidemment, rien ne dit que le résultat aurait été meilleur en 4-4-2, mais la défiance de certains témoigne de la perte de poids de Tuchel au sein du vestiaire. Pour inverser la tendance, l’entraîneur allemand dispose encore de cartouches mais rien ne sera plus efficace qu’une victoire éclatante et une qualification au match retour.