L’incroyable histoire du mercato du Real Madrid

À l’été 2001, Zinedine Zidane, superstar de la Juventus et de l’Équipe de France, est en pourparlers avec le Real Madrid pour ce qui deviendra à l’époque le transfert de plus cher de l’histoire du football, pour un montant estimé à 77,5 millions d’euros. Le Français a raconté plus tard les coulisses de la transaction, qui s’est conclue dans un restaurant avec le président du Real Madrid, Florentino Pérez. « Nous étions en train de dîner et Florentino m’a passé une serviette, sur laquelle il avait écrit en français : “veux-tu venir jouer au Real Madrid” ? Je lui ai répondu “Yes”. C’a été l’un des jours les plus heureux de ma vie », révèle le Champion du Monde 98. Florentino Pérez a donc bouclé le transfert de Zidane sur une serviette de resto.

Des histoires folles sur le mercato du Real, il y en a plein. Marco Asensio a par exemple confirmé que son transfert au Real Madrid avait été suggéré par le tennisman Rafael Nadal. Souvenez-vous aussi du fax envoyé deux minutes trop tard pour le transfert de David De Gea,le 31 août 2015. C’est en tout cas la version officielle du Real mais aussi de Manchester United, qui se sont rejetés la faute. En réalité, ce transfert raté s’explique tout autrement. Florentino Perez a fait traîner les choses tout l’été, voyant Keylor Navas réaliser une grosse pré-saison et espérant récupérer De Gea gratuitement un an plus tard, puisqu’il était en fin de contrat. De son côté, les Red Devils ne voulaient pas le voir partir, et les deux clubs se sont retrouvés à négocier un transfert XXL pendant le dernier jour intensif du mercato. Les documents ne sont évidemment jamais arrivés à l’heure, et le fax, qui n’existe même plus dans les négociations des clubs aujourd’hui, a eu bon dos.

Du BTP aux Galactiques

L’homme fort, et le symbole du Real Madrid, c’est bien sur Florentino Pérez. Sur l’ère moderne madrilène, cet homme d’affaires espagnol devenu milliardaire grâce à son entreprise de BTP à international, est à la base et à la construction de tout, et surtout de cette fameuse époque Galactique. À l’époque, c’était une star recrutée chaque année. En commençant par Luis Figo à l’été 2000. En l’arrachant à Barcelone pour 60 M€, Florentino Pérez frappe un grand coup, et ce ne sera que le premier d’une longue série. L’année suivante, c’est Zinédine Zidane qui débarque de la Juventus, puis le Brésilien Ronaldo. David Beckham, la saison d’après, quittera son club de toujours Manchester United, pour enfiler la tenue de la Casa Blanca. Et enfin, Michael Owen en 2004 et Robinho en 2005 seront les derniers coups de cette folle époque.

Accompagnée de Raúl et de Roberto Carlos notamment, cette équipe de rêve, qui faisait guichet fermé à presque chaque rencontre, n’a finalement pas eu l’effet escompté. Ressemblant plutôt à un défilé de stars qu’une équipe de football parfois, la méthode de Pérez est décriée. « Nous étions un peu comme les Beatles », avait déclaré Luis Figo après coup. Les Galactiques, c’était un peu l’équipe que tout le monde voulait voir, parfois pour le meilleur avec des matches exceptionnels, parfois pour le pire, avec un manque flagrant d’équilibre entre les différentes stars. Malgré tout, durant cette période, les Madrilènes remportent deux titres de Champion d’Espagne et la Ligue des Champions (2002), avec cette volée mythique de Zidane contre le Bayer Leverkusen. Mais les Galactiques de Pérez, ce n’était pas que des stars recruté à coup de millions d’euros. La vision du Président s’intitulait exactement “Zidanes y Pavones”. Ce qui consistait à recruter des stars, comme Zinedine Zidane, tout en accordant plus de confiance aux joueurs formés au club, comme Francisco Pavón.

Spécialité Ballon d’Or

La spécialité maison du club, qui s’est vérifiée au fil du temps, c’est le recrutement des Ballon d’or. Celui remporté par Luka Modric n’est que la dernière illustration de l’idylle entre le club espagnol et ce prestigieux trophée. Figurez-vous qu’avant le Croate, neuf autres joueurs qui ont porté le maillot merengue ont reçu ce prix. Le légendaire Alfredo Di Stéfano avait ouvert la voie dans les années 50, suivi de près par le Français Raymond Kopa. L’époque Galactique est d’abord marquée par Ronaldo en 1997, puis 2002. Entre temps, cocorico à nouveau avec l’idole Zizou en 1998. La liste est complétée par Figo en 2000 et Mickael Owen en 2001. Quelques années plus tard, l’histoire se répète avec l’Italien Fabio Cannavaro en 2006 et le Brésilien Kaká en 2007. Tout cela avant le règne ultime du Portugais Cristiano Ronaldo qui remporte le précieux à 5 reprises entre 2008 et 2017.

Mais que serait le mercato sans ses flops. On a retenu trois noms, pour des raisons très très différentes. Il y a d’abord Nicolas Anelka en 1999, cédé par Arsenal au Real Madrid pour 35 M€. Sortant d’une saison grandiose avec les Gunners où il inscrit 17 buts en Premier League, le Français se transforme en boulet à Madrid. Mal aimé du vestiaire et de ses dirigeants, il finit par aller au clash avec le club en refusant de s’entraîner. Avant d’être réintégré et de finir la saison en beauté, le temps d’être décisif en demi finale de la Ligue des Champions contre le Bayern Munich, à l’aller et au retour. Une drôle de saison, l’unique de sa carrière au Real, puisqu’il fera son grand retour au Paris-Saint Germain la saison suivante, montant du transfert : 34,5 M€. Le Real ne perd que 500 000 € dans l’affaire et s’en sort bien.

Le joueur en bois

Et puis souvenez-vous du plus drôle des flops du Real Madrid : Jonathan Woodgate. En 2004, le défenseur international anglais arrive en provenance de Newcastle pour 18,5 M€. Mais sa première saison sera totalement blanche, blessé tout du long. Alors pour sa seconde, il est attendu au tournant et dès son premier match, Woodgate cédera totalement à la pression, en marquant d’abord contre son camp et en se faisant expulser. Il sera même surnommé “le joueur en bois” en référence à la fois à ses blessures à répétition et à son nom de famille. Un cauchemar ambulant qui va durer jusqu’en 2007 où le Real réussira finalement à le refourguer à Middlesbrough. Et pour finir en beauté, rappelez-vous de la signature du Français Julien Faubert. En 2009, dans la dernière ligne droite du mercato, c’est Faubert, alors remplaçant à West Ham, qui est suggéré à l’équipe madrilène. 2 apparitions, 54 minutes jouées et 6 pertes de balle plus tard, les supporters du club vont logiquement l’élire pire recrue de l’histoire madrilène.

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Source : Foot Mercato