OM : les couacs du Champions Project

Ce dimanche, l’Olympique de Marseille a définitivement – et mathématiquement – dit adieu aux places qualificatives pour les prochaines coupes d’Europes. Les supporters phocéens n’y croyaient plus depuis un long moment, les cierges n’étaient plus allumés à la Bonne Mère et l’Olympique Lyonnais, en s’imposant largement – de la tête et des épaules mêmes – sur le score de trois buts à zéro à l’Orange Vélodrome a scellé les derniers minces espoirs marseillais.

Par conséquent, pour la première fois depuis l’arrivée de Frank Mccourt en fin d’année 2016, l’OM ne jouera pas de coupe européenne. Si cela est bien évidemment un échec, voire un couac, le Champions Project, nom choisi par l’homme d’affaires bostonien, a déjà connu quelques désillusions. La saison étant donc – en termes d’objectifs – terminée pour l’Olympique de Marseille, l’occasion de faire le bilan des deux premières saisons et demie de l’OM de McCourt, d’Eyraud, de Zubizarreta et de Garcia est toute trouvée.

La communication de Jacques-Henri Eyraud

Nommé en premier, et cela est logique, Jacques-Henri Eyraud suscitait beaucoup d’espoirs. Un homme d’affaires français, qui a fait de brillantes études et qui cite IAM, le groupe de rap marseillais, forcément, cela plaît. Sauf que sa communication commence de plus en plus à insupporter. Tout d’abord, avant de présenter Valère Germain, première recrue estivale 2017, le président de l’OM avait ironisé sur l’impatience des supporters.

« J’ai noté ces derniers temps un petit peu de nervosité parmi les supporters marseillais avec le démarrage de cette période du mercato donc je voulais leur proposer de ne pas hésiter. Il existe des produits licites qui permettent de passer de bons moments y compris en ce début de mercato », avait-il indiqué. Une petite réflexion qui passait mal et qui continue à le suivre, les mercatos n’étant pas la spécialité du board marseillais.

Mais ce n’est pas tout ce que Jacques-Henri Eyraud a pu dire qui a énervé les supporters olympiens. Parfois présent aux colloques concernant le football et notamment sur ses innovations, JHE a souvent évoqué des ménisques en titane et, comme dans le jeu vidéo, FIFA, une nouvelle règle concernant les buts marqués en dehors de la surface (qui compteraient donc deux buts en réalité). On passe aussi sur son obsession pour les diodes électroluminescentes (LED), obsession tournée en ridicule par les amoureux de l’OM.

La relation avec les supporters

Tout cela a le don de rendre assez dingues ceux qui se massent dans les virages de l’antre de l’OM. Mais ce n’est une nouvelle fois pas tout ce qui horripile. En effet, la relation avec les groupes de supporters est loin d’être idyllique. Les sanctions prises préventivement contre les groupes (pour mieux parer les amendes de la commission de discipline) ne passent pas et surtout l’OM a rayé de la carte un groupe du virage nord, les Yankee.

En effet, à l’été 2018, le club marseillais avait décidé d’exclure, de manière unilatérale, les Yankee de la course aux abonnements, permettant alors au club des amis de l’OM (CAOM) alors dispersé dans le virage sud et nord de prendre place en bas du virage nord. L’OM reproche à l’association présidée par Michel Tonini de nuire gravement à l’image du club et surtout de s’être enrichi avec une campagne de pub pour Netflix et aussi de vendre des places au marché noir. Cela a entre autres provoqué une baisse de l’animation des virages, le CAOM n’étant, visiblement, pas le meilleur pour mettre l’ambiance. Cela ne passe pas à Marseille.

La gestion du cas Rudi Garcia

La gestion du cas Rudi Garcia est aussi un élément à prendre en compte. Si les qualités du coach français ne sont pas remises en cause, c’est ici la manière d’aborder le sujet qui crée des polémiques. On reproche au technicien de gérer trop de choses (notamment le mercato), ce qui paraît impossible sans l’aval de sa hiérarchie et donc du président de l’OM même si ce dernier se défend de prendre toutes les décisions en matière de transferts de manière collégiale.

Le 27 octobre dernier, sous l’impulsion de Jacques-Henri Eyraud, Rudi Garcia est prolongé jusqu’en 2021. C’est en partie à cause de ça que le club marseillais peine à se débarrasser de celui qui les a amenés en finale de la Ligue Europa. En effet, le licencier, sept mois après l’avoir prolongé, coûterait la bagatelle de 10 à 12 millions d’euros. Les finances de l’OM ne sont déjà pas au mieux, cela empirerait donc avec le licenciement de Garcia.

Les mercatos

Comme susmentionné, Rudi Garcia a eu de la latitude pour les arrivées. Sauf que deux ans et demi plus tard, les 200 M€ promis par Frank McCourt ont été engloutis, les recrues de l’été dernier (Caleta-Car dans une moindre mesure) peinent à convaincre et on connaît maintenant le résultat, l’OM ne jouera pas de coupe d’Europe la saison prochaine. On se demande donc comment les Phocéens vont faire pour recruter, sauf si l’ancien patron des Dodgers (franchise américaine de Baseball) remet quelques deniers.

Évidemment, les ventes pourront probablement combler le déficit si . Toutefois, les ventes constituent aussi un couac du Champions Project et c’est surtout l’oeuvre du directeur sportif Andoni Zubizarreta. La seule vente plus que correcte de l’OM est celle de Franck Zambo Anguissa contre 30 M€ à Fulham. Le manque à gagner provient aussi de là et de l’impossibilité de l’ancien de Barcelona à trouver des points de chute à certains éléments (Hubocan, Mitroglou notamment) et à casser le prêt d’un Aymen Abdennour qui n’aura jamais vraiment eu sa chance.

Le grand attaquant

Ce couac aurait pu se retrouver dans la catégorie de la communication ou du mercato, mais il est préférable d’en faire une partie tant les Marseillais ont peiné. Dès les premiers instants du mercato 2017, les supporters s’attendaient à voir venir (en plus de Valère Germain) un grand attaquant. Olivier Giroud, Ben Yedder, Stevan Jovetic et Diego Costa étaient notamment évoqués, finalement l’OM va se retrouver avec un Kostas Mitroglou, le 31 août, pas vraiment en forme et que le club allait traîner comme un boulet.

L’été suivant, rebelote. On s’attendait à du mouvement et à l’arrivée annoncée de Mario Balotelli. L’Italien était même venu à la Commanderie et avait croisé Dimitri Payet. Finalement, le Transalpin restera à Nice pour six mois de plus et aucun but marqué et s’engagera finalement à l’OM au cours du mois de janvier, hors de forme. Ce dossier symbolise toutes les errances du club phocéen depuis l’arrivée de Frank McCourt : problème dans le commandement, communication étonnante et manque de vision. Voici ce qui pourrait faire tomber quelques têtes très rapidement.

Source : Foot Mercato