Patrice Beaumelle : « Ramener cette équipe où elle doit être »

Le sélectionneur de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire, Patrice Beaumelle dans un entretien, est revenu ses choix, ses critères de sélection des joueurs avant de livrer ses ambitions avec les Eléphants de Côte d’Ivoire.

Quels sentiments de retrouver les pelouses et vos joueurs 7 mois après votre nomination ?

C’est une grande joie de pouvoir à nouveau sentir la pelouse et retrouver les joueurs, le staff, tout le contingent de la Fédération Ivoirienne de Football. On a attendu ça. Je rêvais de venir en Côte d’Ivoire et il y’a eu cette petite frustration de quelques mois mais je suis enfin très heureux de pouvoir à nouveau sentir les pelouses.

Six de vos sélectionnées arrivent pour la première fois en équipe A. Qu’est ce qui a milité en leur faveur ?

Je dirais tout simplement leur performance dans leur club. Le fait d’avoir cette pandémie qui nous a privé de compétition pendant quelques mois, nous n’avons pas dormi avec le staff. Nous avons suivi tous ces joueurs qui évoluent dans les différents championnats que ce soit en Europe ou dans le monde entier. On leur a adressé des messages, on les a souvent appelés pour leur témoigner notre soutien et aussi du fait qu’on les suive même à distance. Je dirais que c’est leur performance en club qui a sollicité leur convocation en équipe A.

Quel est votre leitmotiv de sélection ? La forme du moment ou l’expérience ?

Dans une équipe on doit trouver un bon équilibre. C’est ma philosophie. Avoir que des jeunes va apporter une certaine joie, une certaine fougue et peut être un manque d’expérience. Que des anciens va apporter une expérience mais va manquer peut-être de spontanéité puisque l’expérience fait qu’on va réfléchir sur certaines choses. La forme sans expérience, sans fougue et sans talent ça ne sert à rien. C’est vraiment un mixte de tout bien sur la performance dans le club, le talent et ça je pense qu’en Côte d’Ivoire on n’en manque pas les talents, l’expérience et la fougue font qu’après ça doit bien vivre ensemble. Si vous regardez dans ce groupe de joueurs vous verrez qu’il y’a des jeunes qui n’ont jamais mis encore les pieds en sélection A, des joueurs qui sont habitués à venir et ils reviennent parce qu’ils me donnent satisfaction dans ce qu’ils font dans leur club et des anciens qui reviennent ou qui restent parce qu’ils apportent une certaine stabilité à l’équipe et un passage de témoin aussi. Donc c’est un mixte de tout. J’ai voulu aussi m’attacher les services de joueurs que je connais parce qu’on n’a pas beaucoup de temps. On démarre lundi (NDLR : Lundi 05 Octobre 2020) et on joue jeudi contre la meilleure équipe actuellement au monde donc ce n’est pas évident. Aujourd’hui j’ai voulu m’entourer de tout un groupe avec des énergies différentes, des dynamiques différentes en espérant trouver un bon équilibre.

Vous jouez la Belgique et le Japon. Pourquoi pas un pays africain pour préparer les éliminatoires de la CAN ?

Pour être honnête sincèrement j’aurais aimé jouer en Afrique, contre les équipes africaines même à l’extérieur pour déjà montrer aux joueurs que c’est difficile de voyager en Afrique, d’aller chez nos confrères, ce n’est pas toujours évident. Ceci étant dit avec cette épidémie on avait préparé les matches de Septembre ça été annulé au dernier moment. On a été sollicité et on a sollicité des équipes africaines mais lorsque j’ai vu que cette pandémie était toujours présente, j’ai préféré dire oui le plus vite possible à de belles équipes. Aujourd’hui jouer le Japon et la Belgique est honneur pour nous mais effectivement si on regarde par rapport à notre calendrier ça aurait été mieux de jouer contre les équipes africaines. Mais je dis et je répète, ces deux fédérations nous ont proposé de pouvoir avoir tout notre effectif. Je voulais démarrer l’aventure avec tout le contingent et quand je dis contingent je parle des joueurs mais aussi du staff médical, du staff logistique, du staff technique. Et si on ne jouait pas la Belgique on n’aurait peut-être pas pu avoir tout ce contingent. Donc j’aurais eu la moitié de l’équipe et démarrer une aventure comme ça un mois avant des matches cruciaux. J’ai préféré démarrer cette aventure pour qu’on puisse se confronter à ce qui se fait le mieux au monde. Cela nous donne un point de départ. On aurait pu se rassurer en jouant des équipes de calibres moindre mais je dirais qu’on rentre dans le vif du sujet de suite. Les joueurs qui viennent vont être concentrés, concernés et un match de football reste un match de football. Donc jouer la Belgique ou une équipe africaine pour mois est un match de football et il faut s’occuper de ce que nous Côte d’Ivoire on doit faire et on va faire.

Quels sont vos objectifs à court, moyen et long terme ?

Je dirais que le court terme va emmener le moyen et le long terme. Le court terme, c’est de construire un groupe, construire un état d’esprit surtout. Je veux que cette équipe ait une âme. Aujourd’hui la Côte d’Ivoire ne fait plus peur comme avant. Avant qu’on savait qu’on devait jouer contre la Côte d’Ivoire, le résultat était connu à l’avance mais aujourd’hui la Côte d’Ivoire ne fait plus peur. Donc c’est ramener cette équipe là où elle doit être mais ce n’est pas avec des mots, c’est sur le terrain qu’il va falloir le prouver donc construire un groupe, construire une âme qui va je le souhaite nous qualifier pour cette coupe d’Afrique qui arrive au Cameroun. Et après si ce groupe est soudé je dirais qu’on va être difficile à battre. Mes rêves je les ai, est ce que je dois le dire aujourd’hui c’est prématuré mais je rêve grand, j’ai envi d’aller le plus loin possible avec ces Eléphants donc faire une coupe d’Afrique et il y’a une coupe d’Afrique qui arrive en 2023 à la maison et puis il y’a une coupe du monde entre les deux donc je rêve de ça, j’ai le droit de rêver grand, on a le droit de rêver grand et c’est le message que je vais insuffler aux joueurs.

Quel message à l’endroit des supporters des Eléphants ?

Lorsque je me promène à Abidjan, j’ai des messages mixtes. Il y’a des gens qui sont amoureux profondément de cette équipe et qui sont fiers mais il y’a d’autres personnes qui sont un peu frustrés, qui sont parfois un peu en colère après les résultats, après l’attitude. A eux je dirais que le sport, le football a une certaine magie en Afrique c’est que tout le monde aime le football. Les jeunes, les enfants, les hommes, les femmes, les personnes âgées. Je dirais que le prochain match dans un stade d’Ebimpé où on va l’inaugurer pour nous l’équipe nationale, je souhaiterais avoir le maximum de personne avec nous si les conditions sanitaires nous le permettent et un message d’amour de vous dire que venez nous soutenir. Mon message aux joueurs c’est avant tout de mouiller le maillot, honorer le pays, le maillot, le drapeau. Ayant gagné une coupe d’Afrique avec les Eléphants, je sais l’engouement que peux avoir le football en Côte d’Ivoire et j’ai envie de revivre des moments comme cela. Donc venez nous supporter et on va donner le maximum pour vous donner le sourire.

 

Retranscris par Armel YAO

Source : FIF