Real Madrid – FC Barcelone : les conséquences d’un mercato estival décevant…

C’est le rendez-vous qu’attendent de pied ferme les supporters des deux ogres espagnols, et qui sera également suivi dans le monde entier. Le FC Barcelone se déplace au Santiago Bernabéu pour affronter le Real Madrid, une semaine après s’être emparé de la place de leader de la Liga. Mais force est de constater que les deux équipes n’offrent pour l’instant pas énormément de garanties cette saison en championnat, d’un point de vue des résultats premièrement, mais aussi dans le contenu des matchs, où Blaugranas et Merengues ont des soucis dans l’animation offensive, sur les séquences défensives et ont des individualités qui peinent à enchaîner les bonnes performances si on met de côté l’extra-terrestre Lionel Messi. Là encore, on peut trouver de nombreuses explications à ces problèmes, à commencer par les deux entraîneurs, même s’il y a clairement du mieux depuis l’arrivée de Quique Setién en Catalogne.

Mais surtout, c’est au niveau de la construction de l’effectif qu’il semble y avoir des soucis assez évidents, tant du côté du Bernabéu que du Camp Nou. Chez les Catalans, on peut même l’affirmer : l’effectif n’est pas à la hauteur d’un candidat à la victoire en Liga et en Ligue des Champions. Ce soucis est avant tout une question quantitative, puisque l’effectif à disposition de l’ancien du Betis est très limité. Dans le secteur offensif notamment, où, s’il mise sur un 4-3-3 avec Fati titulaire, Martin Braithwaite sera le seul joueur offensif sur le banc ! Il y a eu des soucis de blessure certes – Luis Suarez et Ousmane Dembélé – mais l’effectif était déjà limité en début de saison et rien n’a été fait pour le renforcer en hiver. Au moment où sont écrites ces lignes, Setién n’a que 14 joueurs de l’équipe première à disposition ! Dans ces conditions, difficile d’avoir plusieurs cordes à son arc pour l’entraîneur. Côté Madrilène, c’est un peu moins flagrant, mais il y a aussi des postes qui font office de maillon faible, comme celui d’ailier droit, où il n’y a pas de joueur au niveau en ce moment, et il y a une absence évidente de joueurs confirmés sur le banc de touche, Vinicius Junior étant souvent le premier joueur choisi en sortie de banc.

Eden Hazard vs Griezmann, plus de 200 millions d’euros déboursés pour un rendement mitigé

Quoi qu’il en soit, on peut le dire, les deux clubs n’ont pas forcément bien travaillé lors des deux derniers mercatos. Et s’il y a deux joueurs qui symbolisent à merveille cet échec, ce sont Eden Hazard et Antoine Griezmann. Le Belge, qui a coûté 100 millions d’euros à un an de la fin de son contrat, est handicapé par des pépins physiques qui l’ont tenu écarté des terrains depuis la fin novembre jusqu’à ce mois de février, et il devrait encore manquer plusieurs mois de compétition après sa blessure face à Levante. Il sera donc absent dimanche. Mais même lorsqu’il a pu enchaîner les rencontres, l’ancien des Blues n’a pas vraiment eu l’impact attendu. On a pu voir l’étendue de son talent sur des séquences courtes, affichant aussi une bonne entente avec Karim Benzema, avec un très bon match contre le PSG au Bernabéu notamment. Mais globalement, il n’a pas encore prouvé être le playmaker qu’attendait le Real Madrid, étant trop irrégulier sur l’ensemble d’une rencontre et donc, trop peu influent par moments. Même si l’importance d’un tel joueur ne doit pas forcément se mesure par les stats, le Diable Rouge a aussi perdu sa capacité à être décisif dans les derniers mètres, avec un petit but et une petite passe décisive en 10 matchs de Liga, bien loin de ses standards en Premier League. Sans parler de ses soucis de surpoids en début de saison.

Quant à Antoine Griezmann, on reste aussi sur notre faim. Les statistiques peuvent être trompeuses, puisque son bilan comptable est assez honnête (8 buts et 4 passes décisives en Liga). Mais la réalité du terrain est elle un peu plus compliquée pour le champion du Monde. Premièrement car il peine à vraiment trouver sa place, donnant parfois l’impression de ne pas savoir où se positionner sur le terrain. Il faut dire qu’avec Valverde il était souvent utilisé à gauche, alors qu’il occupe désormais un rôle axial dans lequel il a l’air un peu plus à l’aise. Il semble également ne pas être totalement en confiance, prenant généralement assez peu de risques dans son jeu, se contentant de jouer de façon latérale. Et devant le portier adverse, s’il a parfois été l’auteur de petits gestes de classe pour finir les actions, il a aussi énormément vendangé, et ce alors que Lionel Messi a parfois cherché à lui offrir des buts sur un plateau.

Il n’y a pas de buteurs !

Un autre constat qui est cette fois mutuel : il n’y a pratiquement pas de joueurs capables de garantir un certain nombre de buts par saison ; Là où des clubs comme Liverpool ou la Juventus ont plusieurs éléments offensifs assurant une belle quantité de réalisations tous les ans, les deux espagnols sont à la traîne. Du côté du FC Barcelone, suite à la blessure de Luis Suarez, seul Messi, voire Griezmann si on parle de celui de l’Atlético, sont aujourd’hui des valeurs sûres devant les cages. Du côté du Real Madrid, Karim Benzema avait entamé la saison sur d’excellentes bases, mais il peine désormais à enchaîner et manque beaucoup d’occasions. Il n’a ainsi marqué qu’un but en championnat en 2020. Et son équipe en souffre. Le recrutement de Luka Jovic, mais aussi son utilisation par Zinedine Zidane, posent ainsi clairement question. Deux buts en Liga cette saison pour celui qui doit se contenter des miettes, et qui était pourtant présenté comme un joker offensif redoutable, capable de s’imposer en tant que titulaire d’ici deux ou trois ans. On a vu face à Levante – match pour lequel il n’était pas convoqué – qu’il y a de sérieux problèmes à la finition chez les Merengues, eux qui avaient basé leur réussite européenne de ces dernières années sur une efficacité à toute épreuve…

Quand on se penche sur les autres recrues, en plus du Serbe et du latéral français, ce n’est pas franchement brillant, même si ces dernières sont surtout des renforts pour le moyen/long terme. Ferland Mendy est une bonne surprise, et s’est emparé de la place de titulaire devant Marcelo. Mais s’il s’est emparé du poste occupé pendant longtemps par le joueur de la Canarinha, c’est plus grâce à sa qualité défensive que son apport offensif. Donc là aussi, l’équipe en souffre un peu. Rodrygo avait bien démarré avant de disparaître, alors qu’Eder Éder Militão, plutôt bon dans ses sorties, reste cantonné à un rôle de remplaçant du duo Varane-Ramos qui n’est pourtant pas irréprochable en ce moment. Côté catalan, Neto a montré énormément de difficultés lorsqu’il a été aligné en lieu et place de Marc-André ter Stegen. Junior Firpo se contente d’apparitions anecdotiques et Frenkie de Jong répond pour l’instant présent dans l’entrejeu de Setién même si on le sait capable de mieux. On dit souvent, en début de saison, que c’est après un an qu’on juge le mercato. Après six mois, le bilan est en tout cas assez mitigé des deux côtés… Ce Clasico peut donc être l’occasion pour certains d’entre eux d’enfin vraiment lancer leur saison…