Une victoire et des questions SERIeuses

La Côte d’Ivoire réussit son entrée. Une courte victoire face à l’Afrique du Sud avec des plus et forcément des moins. S’il n’y a pas de quoi alarmer l’armée du salut, le succès du 24 juin 2019 comporte quelques rides à vite gommer avant le choc du Maroc.

La course en tête du groupe D de la CAN 2019, après la première journée, « c’est un travail de groupe. Un travail collectif », confiant Wonlo Coulibaly. De quoi raviver la maxime de Kamara Ibrahim. Un an après sa prise de fonction, le technicien ivoiro-français a su imprimer sa marque à la sélection. Loin de ses attributs d’hier, c’est un groupe concerné par le travail défensif que les spectateurs du Al Salam Stadium ont scruté face aux Bafana Bafana. Des Eléphants nouveaux qui ne rechignent pas à la tâche au prix de leur fraicheur physique sous la canicule cairote. De quoi priver son attaque, concernée, de sa lucidité.

Jonathan Kodjia en est la preuve. De héros de Bouaké, l’attaquant d’Aston Villa aurait pu devenir le mouton sacrificiel du duel avec la nation arc-en-ciel. Sa propension à être plus spectaculaire qu’efficace, lui a longtemps joué des tours avant de venir à bout de ses doutes. Et du spectre de se faire sortir pour Wilfried Bony, parti à l’échauffement. Un coup de bluff de Kamara Ibrahim qui a fait effet. Son premier but dans une CAN ne lui a certainement pas éviter de perdre encore de la côte, à la bourse des valeurs du football ivoirien tenue par ses supporters, plus critiques les uns que les autres. Mais également auprès du sélectionneur national.

La victoire, l’émotion et la joie dans les vestiaires, diffusées sur les réseaux sociaux par capitaine Serge Aurier furent loin d’effacer les errements de Jean Michaël Seri. Utilisé juste derrière les attaquants pour les éclairer de ses services, le milieu de Fulham ne fut qu’une ombre. Finalement seul maillon douteux de l’antre-jeu orange, après les performances acceptées de Serey et Kessié, Seri est plus que jamais remis en question. Surtout que sur le banc, Gbamin et Sangaré, au profil différent, pourraient tenir le rôle. A moins de se réveiller et effacer ses doutes et ceux de tous. Quoique les boulons à resserrer restent l’efficacité et la justesse dans les transmissions. A trois jours du Maroc, Kamara Ibrahim a du pain sur le banc.

Patrick GUITEY au Caire

Source : Sport-ivoire